Unité 3
Lorsqu’un enfant d’Israël prononce ce sublime nom, identitaire[1] par excellence, lorsqu’il le lit ou le pense, qu’il le veuille ou non, il rappelle ses Pères et ses Mères. Qu’il en ait conscience ou non, il établit automatiquement une connexion avec ses racines. D’une certaine manière, il « applique » l’enseignement qui nous apprend le principe du « souviens-toi/zakhor[2] זכור ». De manière classique, la notion de « souviens-toi/zakhor » est évidemment un processus intellectuel et émotif, une commémoration, qui nous replonge dans un souvenir du passé qu’il ne faut pas oublier. Mais, il faut aussi comprendre que « souviens-toi/zakhor זכור » consiste en ce que ce « souvenir » passé « revive » aujourd’hui, qu’il soit concrètement « (ré)activé » dans l’instant présent et que son existence soit ainsi « éternelle » grâce à notre « activation » du « souviens-toi/zakhor ».
Notons que la valeur numérique de souviens-toi/zakhor זכור est 233[3]. Et 233 est également la valeur numérique de « l’Arbre des Vies/êts ha’hayim עץ החיים » ![4]
Ainsi, ce nom Israël, « cadeau du Ciel », fait « jaillir » les Pères et les Mères d’Israël dans la réalité du moment présent. Ils sont dès lors immortels et enveloppent aujourd’hui chaque enfant d’Israël, véritablement.
Ici encore, on peut ressentir une nouvelle unité qui émerge du nom Israël, celle du temps. Par l’entremise des Pères et des Mères d’Israël qui « sont » ce nom, le passé fait partie du présent et est déjà inscrit dans le futur pour les générations à venir. Et tous deux, présent et futur, « s’amalgament » au passé. Israël est passé-présent-futur, il « unit » le temps ou, appréhendé autrement, il n’y est pas soumis.
La notion de temps, telle que nous la connaissons, n’apparaît dans la Torah qu’au quatrième jour de la création. En effet, c’est ce jour-là que le soleil, la lune et les astres, qui donnent l’existence au « temps matériel » tel que nous le connaissons, sont créés[5]/[6]. Donc, les trois premiers jours de la création ne sont pas soumis à notre « temps matériel ».
Le tout premier verset de la Torah, donc du premier jour de la création qui n’est dès lors pas soumis au « temps matérialisé », a pour valeur numérique 2.701.[7] Ce verset de la Torah est évidemment essentiel, fondamental. Il ouvre le texte, il ouvre la création, il ouvre les mondes, il ouvre la vie des créatures, il ouvre le « dévoilement » d’Hachem.
Chaque lettre hébraïque équivaut à un nombre mais en plus, chacune d’entre elles peut se déployer selon son propre « remplissage » qui l’habite. Ce déploiement dévoile de nouvelles lettres qui peuvent à leur tour elles aussi se déployer. Ce processus est infini[8]. Or, il est extraordinaire de découvrir que la valeur numérique du mot Israël, déployé à deux reprises, vaut… 2.701 ![9]
Outre le dévoilement de l’essentialité universelle d’Israël à travers son lien intime avec la création qui se manifeste par l’entremise de « 2.701 », cette correspondance de ces deux valeurs numériques préexistantes au « temps matériel » semble nous dévoiler une spécificité supplémentaire très particulière et intrinsèque à Israël : son insoumission à ce « temps matériel » ou, présenté autrement, son éternité.
- A vision humaine, tout ceci est peut-être compliqué à concevoir et peut même être perçu comme « tiré par les cheveux ». Et pourtant, en l’an 2.024 de l’ère commune, lorsque l’on se penche sur le parcours insolite de ce peuple unique qui aurait dû disparaître mille et une fois, lorsque l’on scrute rationnellement son histoire en particulier, et l’histoire des nations en général, on ne peut être qu’interpelé par ce « dévoilement mathématique ». Il nous « annonce » « l’immortalité » d’Israël. Et de fait, l’histoire entérine cette annonce et l’atteste au travers de l’invraisemblable survie de ce peuple, et ce depuis plusieurs…millénaires ! Non seulement Israël existe toujours mais, de surcroit, Israël est revenu sur sa terre, tel que cela est explicitement annoncé dans le Tanakh !
Ainsi, les chiffres cachés, les « charges énergétiques », enfouis au sein du mot Israël et dans les vingt-huit lettres des sept premiers mots de la Torah, nous ont dévoilé d’entrée de jeu l’immortalité et donc l’éternité d’Israël.[10]
Voici une troisième unité dévoilée : celle du temps et du non temps « incarnée » dans un nom : ישראל.
[1] Dans le sens le plus noble du terme !
[2] Chemot 20,7 : « Souviens-toi du jour le Chabat… » « זכור את יום השבת… ». Le Chabat ne fait pas partie du passé. Il est « (ré) activé » ou « accueilli » par Israël tous les 7ème jour de chaque semaine. La Torah écrit dans Chemot 31,16 : « pour faire le Chabat » « לעשות את השבת ». Le verbe utilisé est « faire לעשות » qui indique notre monde, celui de l’action concrète, palpable. (עולם העשיה). Voir entre autres le cours du Rav Michael Sebban (Beit HaZohar : beithazohar.com) sur Zohar « Ytro » de dimanche.
[3] 7+20+6+200=233.
[4] (70+90)+(5+8+10+10+40)=233.
[5] Ou, selon Rachi, mis en place et non pas créés.
[6] Berechit 1,14.
[7] בראשית ברא אלה »ים את השמים ואת הארץ : 913+203+86+401+395+407+296 = 2.701.
[8] Par exemple, la première lettre de l’alphabet hébreu est א et vaut 1. Cette première lettre se dit « alef » et s’écrit de manière pleine אלף/alef. Dès lors, elle vaut maintenant la somme des 3 lettres qui la composent, c’est-à-dire le א initial auquel on ajoute les deux autres lettres qu’il contenait « dissimulées » en lui. Dans ce cas אלף vaut 1+30+80=111. Et ainsi de suite. Soulignons qu’au travers des lettres et de leurs déploiements, nous observons parfaitement la notion de « finitude » qui possède en elle « l’infini ».
|
ל |
א |
ר |
ש |
י |
|
למד |
אלף |
ריש |
שין |
יוד |
|
למד מם דלת |
אלף למד פה |
ריש יוד שין |
שין יוד נון |
יוד ואו דלת |
|
=74+80+434 |
=111+74+85 |
=510+20+360 |
=360+20+106 |
=20+13+434 |
|
=588 |
=270 |
=890 |
=486 |
=467 |
Total : 467 + 486 + 890 + 270 + 588 = 2.701 !
[10] Dans sa collectivité, dans son déploiement, dans ses engendrements, dans sa continuité, dans son héritage.
