Unité 1
Ce n’est que lors de l’épisode du combat du troisième Patriarche Jacob/Yaaqov יעקב contre « l’ange » que la Torah תורה dévoile pour la première fois le nom Israël/Yisraël ישראל.[1] Jacob/Yaaqov יעקב gagnera son combat contre cet « ange » et méritera ainsi de recevoir le nom Israël/Yisraël ישראל. Mais ce nom est aussi celui du peuple hébreu, de l’Etat d’Israël ainsi que celui de la terre d’Israël.
La Torah dévoile un nom pour trois dimensions :
- un Être en tant qu’individu
- une association d’individus en tant que peuple et nation
- une Terre, un territoire délimité, pour accueillir ce ‘peuple-nation’, cet État, issu de cet Être.
Dit autrement : un Père, un ‘Peuple-Nation’ et une Terre.
Voici une première unité dévoilée : l’ultime Racine ‘totalisante’[2] (le troisième Patriarche), une Nation et son Peuple ainsi qu’une Terre, (ré)unis dans un nom : ישראל.
Les lettres qui composent le nom Israël/Yisraël ישראל sont chacune l’initiale du nom des 3 Patriarches et des 4 Matriarches. Ainsi, la lettre Youd/י est la première lettre de Isaac/Yits’haq יצחק ainsi que celle de Jacob/Yaaqov יעקב. La lettre Chine/ש est celle de Sarah שרה. La lettre Rech/ר celle de Rébecca/Rivqah רבקה et Rachel/Ra’hel רחל. La lettre Alef/א celle d’Abraham/Avraham אברהם et la lettre Lamed/ל celle de Léa/Leah לאה.
Or, le nom Israël/Yisraël ישראל ne se dévoile dans la Torah qu’après avoir réuni tous les Patriarches et toutes les Matriarches fondateurs[1]. Tous les époux et toutes les épouses sont là, unis comme il se doit. La « matrice » est « achevée », le nom Israël peut se dévoiler au grand jour et être à tout jamais « profondément gravé (‘haqaq חקק) » au/dans le cœur de la réalité de ce monde.[2]
Ici aussi, le nom Israël nous dévoile au travers de ses lettres son unité spécifique et intrinsèque. Ainsi, la racine d’Israël que sont ses Pères et ses Mères en sont « le sang, le cœur et la tête, ainsi que l’âme ».[3] Ils sont ce nom. Ils en sont la substance première, la substantifique moelle. Ils en sont le « sein nourricier » intarissable qui l’abreuve en permanence. Ils habitent ce nom et le font exister pour l’éternité.
Voici une deuxième unité dévoilée : toutes les Racines – les Patriarches et les Matriarches – chacune porteuse de sa spécificité particulière, s’unissent entre elles dans un nom : ישראל.
[1] Notons que lorsque Jacob/Yaaqov mérite le nom Israël, onze de ses douze fils, « têtes » des douze Tribus d’Israël, sont déjà nés. Le dernier, בנימין/Binyamin Benjamin, est conçu mais n’est pas encore né.
[2] « a gravé/’haqaq חקק » : inspiré des premiers mots du Sepher Yetsirah ספר יצירה qui nous enseigne que Hachem a gravé/’haqaq חקק Son monde « par/avec/dans » 32 chemins. Or, le mot Israël/Yisraël ישראל apparaît pour la première fois au 32ème chapitre de la Torah. Ce chapitre raconte le retour de Jacob/Yaaqov et de toute sa famille…en terre d’Israël ! Il me semblait opportun de ramener cette correspondance exprimée par/dans le « 32 ». De plus, 32 est la valeur numérique du mot cœur/lèv לב (30+2). Les 2 lettres qui habillent le mot cœur/lèv לב sont respectivement la dernière lettre de la Torah (ל) et la première lettre de la Torah (ב). Le dernier mot de la Torah étant Israël/Yisraël ישראל.
Il est tout aussi opportun, me semble-t-il, de ramener que le mot Israël/Yisraël ישראל est le 385ème mot de ce chapitre 32. Or, 385 est la valeur numérique du mot Chékhinah שכינה qui est souvent traduit par « Présence Divine » ou « Résidence Divine ». Voir entre autres le cours du Rav Michael Sebban (Beit HaZohar : beithazohar.com) sur Zohar « Chemot » de dimanche. Le Ramaq (Rabi Moché Cordovero 1522 – 1570) commente et enseigne que c’est par la Résidence Divine/Chékhinah שכינה qui est établie parmi les hommes que Hachem peut demeurer dans le monde.
Et donc, l’emplacement précis de cette toute première occurrence « Israël » dans ce 32ème chapitre de la Torah semble immédiatement nous chuchoter que Israël et la Chékhinah sont liés et indissociables… « Les battements de leur cœur sont en symbiose », si je peux oser m’exprimer ainsi ! Cet emplacement précis « 32/385 » semble confirmer l’enseignement très présent (« omniprésent ») des Sages d’Israël indiquant « l’attachement » entre la Chékhinah שכינה et Israël. Voir notamment le livre du Ram’hal (Rabi Moché ‘Hayim Luzzatto, 1707 Padoue – 1746 Acre) « Le Discours de la Délivrance » paru aux éditions Ramhal.
De plus, dans son Pardes Rimonim, Ramaq nous ramène au Portique II 3, au nom du Zohar (voir les cours du Rav Michael Sebban, Beit HaZohar : beithazohar.com) que « étendue/Raqyâ רקיע » (Berechit 1,6) c’est Israël. La valeur numérique de « l’étendue/haRaqyâ הרקיע » (5+200+100+10+70) (Berechit 1,7) est 385 tout comme « Chékhinah שכינה » (300+20+10+50+5).
[3] נפש, רוח, נשמה : 3 « niveaux » d’âmes suggérés par « sang – cœur et tête – Âme ».
[1] בראשית/Béréchit (Au Commencement) 32,29 qui est le 957ième verset de la Torah. Il aura donc fallu « accomplir » 956 versets à la Torah pour enfin dévoiler explicitement le nom Israël/Yisraël ישראל. Nous reparlerons de ces 2 chiffres dans cette étude. Notons que la valeur numérique de « à/pour vos Pères/laavotéykha לאבתיך » en tenant compte de la dernière lettre, ך/כ, en tant que lettre finale (voir tableau 1), ainsi qu’en tenant compte des Taguim (voir tableau 3), est 957.
[2] L’ultime Racine totalisante : voir la cinquième unité.
