Avant propos
Dans Sa Grande Bonté, Hachem a donné Sa Torah à Israël. La Torah est écrite en hébreu. Toutefois, si je peux oser m’exprimer ainsi, Hachem nous a donné une possibilité de l’approcher par l’intermédiaire d’un langage universel : les chiffres. En effet, chaque lettre de l’alphabet hébreu correspond à une valeur numérique.
Lorsque des mots ou des versets du Tanakh[1] sont porteurs des mêmes valeurs numériques, les Maîtres d’Israël nous enseignent qu’ils sont dès lors, si je peux l’exprimer ainsi, animés par une énergie commune qui les lie.[2] C’est comme s’il existait des « interactions, des liens ou des connexions métaphysiques » sous-jacents au monde des lettres.
Cependant, toute personne censée comprendra que pour pouvoir espérer appréhender la pertinence de ce langage mathématique, enfoui au cœur des lettres, il est essentiel d’avoir une connaissance minimum de l’hébreu, en connaissant au moins son alphabet ! Il va également de soi que cet univers caché des chiffres et des nombres doit nécessairement être précédé par la lecture complète de la Torah et par une étude minimum de son sens littéral ! Il en découle logiquement et raisonnablement qu’il est indubitable et donc fondamental de s’attacher vigoureusement et « passionnément » aux enseignements des Sages d’Israël.
Un chiffre isolé, ou seul, ne veut rien dire. Il doit être « contextualisé ». Autorisons nous une analogie avec l’analyse du langage non verbal de l’être humain. Cette analogie est réductrice mais assez explicite. En effet, il est su, connu et évident que ce langage non verbal, qu’il soit observé sur un individu isolé ou sur un groupe d’individus, n’est pertinent que s’il est considéré en tenant compte de l’ensemble des facteurs agissant, c’est-à-dire en considérant non seulement les circonstances particulières de lieu et de moment mais aussi en identifiant les différents facteurs « idéologiques », « médiatiques » et autres « flux influents » à l’œuvre.
Ainsi, pour ainsi dire, c’est de la « même manière », que le langage mathématique qui habite le Tanakh doit se mouvoir en « orbite intime » autour de son noyau qu’est le texte écrit et doit impérativement se coller aux enseignements des Sages d’Israël et les « embrasser ». C’est effectivement le texte écrit « agrémenté, développé et explicité » au travers des commentaires des Sages d’Israël qui établira une fondation propre, solide et fiable qui nous permettra de tenter d’interpréter le plus correctement possible l’univers des nombres qui se dévoilera à nous.
[1] L’ensemble des Textes dits Sacrés se dit en français « la Bible ». En hébreu, cet ensemble se nomme « TaNaKH תנך ». T/ת pour Torah תורה ; N/נ pour Prophètes/Néviim נביאים ; KH/כ(ך) pour Hagiographes/Khétouvim כתובים. Le TaNaKH תנך comprend 24 livres au total. La Torah en compte 5 sur les 24.
[2] Voir notamment le livre du Rav Abraham Aboulafia « Lumière de l’Intellect/Or hasékhel אור השכל ». Editions de l’éclat/Beit ha-Zohar, traduit et annoté par Michaël Sebban, page 104 à 109.
